BLANCHIMENT DE CAPITAUX

 

En prélude à la formation sur la prévention du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme qui aura lieu du 5 au 7 février 2019, à Abidjan et à Bassam, AndréRobert Same invité par le Cabinet Desforges Consulting International a présenté les enjeux de la prévention contre le blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme dans l’UEMOA. Il ressort de l’état des lieux dressés que l’essor du mobile money en Côte d’Ivoire l’expose à un accroissement des risques de blanchiment S ’appuyant sur le rapport produit conjointement par la Banque Africaine de Développement (BAD), le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), et le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent (GIABA) en date du 22 février 2018 sous le thème « Flux Financiers illicites, l’économie du commerce illicite en Afrique de l’Ouest », AndréRobert Samé, formateur en Financial Crime and Compliance Management a fait état des mouvements des flux financiers lors du colloque sur le financement du blanchiment des capitaux qui tenu au Seen Hôtel plateau le mercredi 05 décembre 2018.

Ces flux financiers illicites (capitaux acquis, transférés ou utilisés illégalement) issus notamment de la corruption, des détournements des richesses nationales, et de l’évasion fiscale représentent en Afrique de l’Ouest plus de 50 milliards de dollars par an, ce qui est de loin supérieur à l’Aide Publique au Développement que perçoivent ces États dans le cadre de la coopération Nord-Sud inférieure à 30 Milliards de dollars. A titre d’exemple, au Mali le blanchiment des capitaux a couté 300 Milliards de FCFA en 2016 selon la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Cette même organisation a révélé que les instructions des dossiers sur les cas de blanchiments ont permis de recueillir plus de 1,3 milliards de FCFA. De plus, selon l’ONG OSIWA (Open Society Initiative of West Africa) dans son rapport 2016, les pays les plus affectés en Afrique de l’Ouest sont le Togo, le Nigéria et la Côte d’Ivoire.

Le terrorisme étant en pleine essor dans cette zone et ayant besoin de financement rapide, le blanchiment des capitaux est une panacée pour les responsables de ces cellules. Ces terroristes profitent de la faiblesse du cadre réglementaire pour blacnhir l’argent provenant des attaques des acahts d’armes et autres kidnappings. Ainsi les attaques terroristes se développent dans la sous-région avec plus de 257 attaques répertoriés dans la bande sahélienne en 2016 associé au développement des organisations terroristes.

 

Le Mobile money opportunité pour le blanchiment des capitaux.

Depuis 2016, l’Afrique de l’Ouest connait un essor important du Mobile Money qui permet aux blanchisseurs (expression consacrée pour les personnes participants au blanchiment des capitaux) de continuer leurs activités. En effet, l’Afrique de l’ouest est devenue en l’espace d’une décennie la première région au monde en termes d’échanges et de transactions monétaires à partir du téléphone portable, supplantant ainsi l’Afrique de l’est (Kenya) pays fondateur de ce concept. En 2016, les transactions du mobile money ont représenté 47,6% en valeur de la monnaie mondiale de l’argent mobile. Dans l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) en 2016, le mobile money a généré 5 121 milliards de FCFA.

En Côte d’Ivoire sur les 25 millions d’habitants 10 millions disposent d’un compte Mobile Money avec un taux de pénétration estimé à 43% au 31 déc 2017 et des transactions avoisinant les 17 Milliards de FCFA de volume de transactions quotidiennes selon les statistiques du Ministère de l’Économie Numérique. Cette source d’inclusion financière des populations par sa capacité à transférer de l’argent facilement permet aussi de le blanchir aisément. Le risque de blanchiment accru du mobile money, espèce de « banque dans la poche » nécessite d’inclure les différents acteurs de son système dans les politiques et stratégies de prévention du financement illicite selon André Robert Same.

 

Vers une prévention active de la lutte contre le blanchiment des capitaux

Plusieurs initiatives sont mises en œuvre pour lutter contre le fléau du financement illicite et sont axés principalement sur l’action. Notamment, l’article 24 alinéa 3 de la Directive 02/2015/CM/UEMOA du 02 juillet 2015 dispose que les institutions financières doivent élaborer et mette en œuvre des programmes harmonisés de prévention du blanchiment des capitaux du terrorisme. Ces programmes Tous droits de reproduction réservés 1/2 comprennent notamment la formation continue du personnel destinée à les aider à détecter les opérations et les agissements susceptibles d’être liés au blanchiment des capitaux au financement du terrorisme. C’est dans ce cadre de formation que le Cabinet Desforges en collaboration avec André-Robert SAME organise un programme de formation portant sur la prévention et la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme qui aura lieu du 5 au 7 février 2019, à Abidjan et à Bassam à travers la conférence Top Global.

STEVEN AKOMIAN